La Francophonie au départ est une organisation de culture et d’éducation. « Elle est née des décombres de la colonisation », dira Léopold Sédar Senghor, ancien Chef d’Etat sénégalais.
L’on verra plusieurs publications en langue française. La littérature négro-africaine francophone voit le jour dans les années 60 avec Léon Gontran Damas, Aimé Césaire et bien sûr Léopold Sédar Senghor. Leurs œuvres en vers, mais également en prose, seront lues à travers le monde.
Cette littérature sera qualifiée d’« engagée ». Culture teintée de politique. Elle tourne autour des thèmes de la décolonisation et de l’assimilation culturelle. Le véhicule de ces idées de l’époque c’est la langue commune, celle de Molière, adoptée par le colonisé et transmise par le colonisateur à travers l’école.
Pendant plusieurs décennies, la situation n’évoluera guère. La culture demeure. La politique s’adapte à la situation après la décolonisation. Elle focalise son action sur la démocratie et les droits de l’homme.

La conscience est là qu’il faut « renforcer la dimension économique de la Francophonie ». Et cela depuis la VII eme Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage de Hanoi en novembre 1997. Le passage à l’action tarde à venir. Un quart de siècle après, la concrétisation de la Francophonie de l’avenir s’annonce.
Les Missions économiques et commerciales bien salutaires
Pour sortir de la routine et équiper les jeunes de savoir-faire pour une intégration économique, l’OIF s’attèle à l’organisation des formations sur le numérique. 250.000 en bénéficient.
Sinon l’on ne voyait pas la Francophonie s’activer dans l’ économisation des pays membres mais plutôt elle se hâtait à encourager la démocratisation.
Le secteur privé est plus ou moins délaissé. Les échanges commerciaux « en français » sont négligés. Et Louise Mushikiwabo, alors qu’elle se trouve à sa seconde Mission économique et commerciale à Kigali, dira simplement « il y avait déjà beaucoup d’activités. »

Certes, oui. Il a fallu assainir la gestion financière, trouver un budget pour la direction économique de l’OIF, avant de matérialiser son ambition de transformer cette organisation en un moteur de développement économique à travers l’investissement et les échanges commerciaux.
« J’ai pensé que c’était important d’initier des Missions économiques et commerciales surtout pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) voulant s’ouvrir au monde, » déclare la secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo.
Ces missions ont le mérite de faire découvrir aux uns et aux autres les bonnes pratiques favorisant l’investissement, les « opportunités à saisir au bond, » comme le souligne Béata Habyarimana, ministre rwandaise de commerce et l’industrie.
Néanmoins, la finalité première des Missions économiques est la promotion des coopérations commerciales dans trois secteurs à savoir l’agro-industrie, les biens et services numériques et énergies renouvelables. « Nous restons ouverts à d’autres domaines, » précise Louise Mushikiwabo.

De la première Mission Economique et Commerciale au Vietnam et au Cambodge du 21 au 30 mars 2022, à la seconde au Gabon et Rwanda du 06 au 13 juillet 2022, plus de 25 accords commerciaux ont été signés.
« Nous sommes dans un grand tournant, » affirme Béata Habyarimana, ministre rwandaise en charge du commerce. « Le mieux est à venir » ajoute-t-elle.
Gérard Rugambwa




































































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