Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) a demandé l’ouverture d’une enquête sur le cardinal Fridolin Ambongo, le plus haut dignitaire religieux du pays. Il l’accuse de faire les déclarations séditieuses sur le pouvoir en place.
Le cardinal Fridolin Ambongo, le plus haut placé dans la hiérarchie du clergé catholique en RDC est reconnu pour son intransigeance sur toutes malversations. Il critique sévèrement la corruption et la violation des droits de l’homme. Il est notamment accusé d’avoir fait des déclarations séditieuses sur la guerre en cours dans l’Est de la RDC, suscitant la colère des partisans du président Félix Tshisekedi.
Le bras de fer du cardinal Fridolin Ambongo avec la justice congolaise est suivi de près au Vatican. L’archevêque de Kinshasa est en effet un des hommes-clés du pape François sur le continent africain. Depuis 2020, il fait partie du ”C9”. C’est un conseil de cardinaux venus des cinq continents qui sont les plus proches conseillers du souverain pontife.
Ce bras de fer n’est pas un fait nouveau. Depuis des décennies, l’Eglise catholique en RDC critique ouvertement la corruption, les violations des droits de l’homme et la mauvaise gouvernance.

De nombreux catholiques considèrent l’enquête du gouvernement sur le cardinal Ambongo comme un sacrilège. Selon eux, Cette décision risque de provoquer des divisions.
Début avril, un émissaire congolais a été reçu au Vatican, mais rien n’a filtré des entretiens. Les tensions entre le cardinal et le pouvoir à Kinshasa sont prises très au sérieux à Rome, alors que l’accord-cadre établissant les relations entre la République démocratique du Congo et le Saint-Siège, signé au Vatican en 2016, n’est entré que pleinement en vigueur il y a deux ans, après une visite à Kinshasa du cardinal Parolin, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège.
Celui-ci se félicitait alors ”d’une collaboration plus fructueuse de l’Eglise congolaise avec les autorités civiles”. Une collaboration qui connaît des accrocs avec cette affaire Ambongo, même si à Rome personne ne parle pour l’heure d’une remise en question de cet accord.
Les tensions entre l’archevêque métropolitain de Kinshasa et le pouvoir datent de très longtemps. Dans les années soixante-dix, le cardinal Joseph-Albert Malula critiqua sévèrement les dérives autocratiques du général Mobutu Sese Seko tandis que le cardinal Laurent Monsengwo, en 2011, n’hésita pas à qualifier les résultats de la victoire de Joseph Kabila à la présidentielle de ”non conformes, ni à la vérité, ni à la justice”.
Vital Ndayambaje




































































