Réseau des femmes vient de faire un pas de géant dans les services de santé sexuelle et reproductive à travers la promulgation d’une nouvelle loi y relative et l’inauguration d’une clinique spécialisée. Désormais le projet “Santé et droits sexuels et reproductifs (SDSR)” offre à ses bénéficiaires un paquet complet.
Le projet “Santé et droits sexuels et reproductifs (SDSR-Rwanda)” est un projet quinquennal (décembre 2022-octobre 2027) que le Réseau des Femmes Oeuvrant pour le Développement Rural (Réseau des Femmes) met en œuvre dans 15 secteurs du district de Gasabo, dans la ville de Kigali. Il a pour partenaire AMIE Canada et avec le financement d’Affaires Mondiales Canada.
Ce projet vise à accroître l’utilisation et l’accès équitable aux services de qualité de santé sexuelle et reproductive par divers groupes de jeunes femmes et d’adolescentes.

Selon la Représentante Légale de Réseau des Femmes, Xaverine Uwimana, 85% des objectifs du projet SDSR ont été réalisés à mi-parcours.
“Notre plaidoyer pour une nouvelle loi portant réglementation des services de soins de santé et sa promulgation tout récemment le 17 Septembre est une réalisation importante,” déclare Xaverine Uwimana. Elle ajoute cependant que le travail de sensibilisation pour le changement de mentalité prendra beaucoup de temps.
Un plaidoyer mené avec succès
Dans le plaidoyer initié par Réseau des Femmes, il était signifié que les adolescents devraient avoir le droit de demander les services de santé sans se faire accompagner. Ce plaidoyer a été fait au Parlement Rwandais et dans la société civile. La loi a été promulguée.

La nouvelle loi numéro 026/2025 du 17/09/2025 portant réglementation des services de soins de santé précise en son article 2 qu’un adolescent de 15 ans peut donner son consentement pour bénéficier des services de santé.
Avant, un adolescent de 15 ans ne pouvait pas avoir accès aux services de santé. Suite à une analyse des lois portant sur la santé reproductive effectuée par Réseau des Femmes, il a été révélé qu’il existe des obstacles à l’accès aux services de santé dont l’âge des adolescents. Il y avait également l’obligation d’être accompagné par ses parents ou son tuteur,” a indiqué la Coordinatrice du Projet SDSR-Rwanda, Séraphine Mukeshimana.
Les bénéfices de l’adolescente à partir de 15 ans
En 2024, plus de 20 000 grossesses ont été enregistrées chez les adolescentes. La nouvelle loi favorisera l’accès de ces jeunes filles aux services de santé sexuelle et reproductive sans se faire accompagner par les parents qui n’osent pas, pour la plupart, en discuter avec leurs enfants.

L’article 21 précise les services de soins de santé liés à la santé de la reproduction humaine. Ils sont, entre autres, la planification familiale, la prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles, la prévention et le traitement d’autres maladies affectant la santé de la reproduction humaine, la prévention de la violence basée sur le genre et la prise en charge de la victime et la sensibilisation pour le changement d’attitudes concernant la santé de la reproduction humaine.
Il y a aussi l’article 57 qui donne le droit à la santé de la reproduction humaine à toute personne sans aucune forme de discrimination. Et enfin, l’article 58 interdit de soumettre un usager des services de soins de santé à des pratiques susceptibles de porter atteinte à sa santé.
Une clinique spécialisée ”Karame”
Le Réseau des Femmes a inauguré une clinique spécialisée dans les services de santé sexuelle et reproductive le 16 septembre 2025. C’est une clinique moderne avec un matériel de pointe. Elle est située dans le district de Gasabo, secteur Kinyinya.

Le Réseau des Femmes demeure la seule organisation non gouvernementale (ONG) à offrir un paquet complet relatif aux services de santé sexuelle et reproductive au Rwanda. Une jeune femme y entre bouleversée et rejoint la société indemne.
“L’octroi d’une chaîne de services de qualité avec une approche holistique, c’est une particularité de la Clinique spécialisée Karame,” souligne la Coordinatrice du Projet SDSR-Rwanda, Séraphine Mukeshimana.
Lorsqu’une jeune fille arrive à la clinique enceinte, ou qu’elle a subi la violence basée sur le genre, elle est reçue pour bénéficier des examens médicaux voire d’un avortement sécurisé. Si le gynécologue constate que sa patiente souffre d’un problème de santé mentale, il l’oriente chez un psychologue clinicien. S’il juge que l’assistance juridique est nécessaire, la patiente va en bénéficier. La malade recevra ainsi un paquet complet de services.

Le projet “Santé et Droits Sexuels et Reproductifs (SDSR)” de Réseau des Femmes a adopté une approche holistique et exemplaire. Il offre aux patients un paquet complet de services de soins de santé sexuelle et reproductive et des informations y relatifs.
Avec la nouvelle loi, Réseau des Femmes espère que le nombre de grossesses précoces sera minime. Le taux des retards de croissance sera amoindri également car les enfants ne seront plus responsables des autres enfants. L’abandon scolaire et la violence basée sur le genre seront réduits. Les jeunes filles resteront dans le cursus de l’enseignement en bénéficiant de l’éducation des parents jusqu’à l’âge adulte. Et pour cela, il faudra une large diffusion de la nouvelle loi numéro 026/2025 du 17/09/2025 portant réglementation des services de soins de santé.
Gérard Rugambwa




































































