A Gisozi, de jeunes adolescents en provenance de 20 écoles se trouvent dans une formation sur la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.
Ces futurs héritiers de ce pays qu’est le Rwanda, sont regroupés autour de plusieurs tables. Ils sont fiers de montrer de petites machines et d’en expliquer le fonctionnement. Ce sont des grues. Elles peuvent se déplacer, saisir un objet avec leur bras, le lever, le déplacer et le déposer à un endroit précis sur commande à distance. Ce sont en réalité des mini robots.
Ces apprenants fréquentant des écoles des sciences ou des établissements scolaires techniques ont pris quelques trois heures pour un montage des robots. Ils ont reçu le matériel nécessaire et les instructions claires sur la tâche à accomplir.

Ce n’est pas nouveau. La Commission Nationale Rwandaise pour l’Unesco (CNRU) organise de telles rencontres de formation presque chaque année.
« Pour la science et la technologie, nous ciblons surtout les jeunes filles. Nous voulons les inciter à aimer la science et la Technologie, » révèle Albert Mutesa. Il est à la tête de la CNRU, en qualité de Secrétaire général.
Le présent camp de formation organisé du 1 er au 4 mars 2022 pour « Ré-imaginer et Repenser l’enseignement des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques » a la particularité de réunir les élèves et certains de leurs enseignants.
« Cet atelier de formation vise à donner aux enfants et enseignants les capacités pour maitriser les Nouvelles Technologies et les sciences, » précise Mutesa.
Une formation basée sur les compétences

Pour le secrétaire d’Etat, Gaspard Twagirayezu, en charge de l’éducation primaire et secondaire, les enfants doivent commencer à réfléchir sur la possibilité de trouver des réponses aux difficultés quotidiennes de la vie.
« Ce camp de formation vise à permettre aux enfants de voir l’importance des leçons de science et technologie dans la vie courante, » rappelle-t-il.
L’homme politique prend son temps pour visiter les groupes de travail. Il discute avec les enfants pour vérifier leur niveau de compréhension. Son déplacement lui permet aussi de voir la capacité à se servir des connaissances acquises pour trouver des solutions aux problèmes vécus au quotidien.
Issa Ngimbanyi du GS St Famille affirme avoir un projet de monter un mini robot. Il sera équipé d’une caméra. S’il lui manque un objet à la maison, il confiera la mission de le chercher à son robot. Ce dernier en circulant dans tous les coins, lui enverra des images sur son portable. Ce jeune fréquentant la troisième année du Tronc commun, se dit capable de réaliser son rêve dès que le matériel nécessaire sera à sa disposition.

Se tournant vers les enseignants, Gaspard Twagirayezu, Secrétaire d’Etat en charge de l’éducation primaire et secondaire, recommande la créativité.
« Nous demandons aux enseignants de continuer à aider les enfants avec les moyens de bord, » dit-il. « Pour l’enseignement de la science et la technologie, il y a un matériel exigé. Mais lorsque les moyens ne suffisent pas, l’enseignant doit user de créativité pour faire comprendre aux enfants sa leçon, » montre-t-il la voie à suivre.
Selon David Benimana, enseignant de chimie au Collège Saint André, il est possible de dispenser son cours parfaitement sans avoir le matériel classique. « Nous savons que tous les besoins ne peuvent pas être satisfaits. Dans un cas pareil, nous prenons des initiatives pour faire comprendre aux enfants la leçon pratique donnée. L’on peut par exemple exploiter le matériel trouvé dans le milieu d’apprentissage, » suggère-t-il.

Depuis 2015, le système éducatif rwandais a opté pour le curriculum privilégiant les compétences. Un tel atelier de formation cadre bien avec ce nouveau programme. L’objectif est de mettre sur le marché de travail des personnes capables d’apporter des solutions à la société.
Gérard Rugambwa




































































