Le projet “Jya Mbere”, du ministère en charge de la gestion des urgences (MINEMA), a lancé une série de projets d’appui à l’éducation des jeunes réfugiés et de la communauté d’accueil. Un faible pour les écoles techniques se révèle.
Les écoles construites ou appuyés par le projet” Jya Mbere” ciblent les jeunes réfugiés et ceux de la communauté d’accueil pour favoriser leur éducation.
Dans le district de Kirehe, secteur Musaza, une école technique secondaire, TVET Musaza, ouvre ses portes en septembre prochain.

Les travaux de construction sont terminés. Le coût s’ élève à 1,59 milliards. Le financement vient de la Banque mondiale via le projet “Jya Mbere” (progresse) du ministère en charge de la gestion des urgences. L’on atteint la phase d’équipements.
Cet établissement scolaire technique comprendra plusieurs sections. Il y aura la soudure, la couture, la maçonnerie et l’informatique. Il sera mixte à régime d’internat.
Dans le même district, la construction d’une autre école technique est en cours. Il s’agit de TVET Bukora, dans le secteur Mahama.

Les réfugiés du camp de Mahama et la communauté d’accueil seront bénéficiaires, selon le maire de Kirehe, Bruno Rangira.
Les deux sites ont été choisis à cause de leur proximité avec le camp Mahama. Il abrite des réfugiés congolais et burundais. Selon les statistiques du UNHCR-MINEMA au 31 mai 2023, 59.657 personnes y ont trouvé refuge.
Des salles de classe supplémentaires à Nyamagabe
La province du Sud abrite deux camps des réfugiés. L’un se trouve à Kigeme avec une population élevée à 14.700, dans le district de Nyamagabe. Un autre est situé à Mugombwa avec 11.618 personnes, dans le district de Gisagara. Ce sont des réfugiés Congolais qui vivent dans ces camps.

L’un des établissements techniques appuyés par le projet ” Jya Mbere” est Nyamagabe TSS (Technical Secondary School) ou Ecole technique secondaire de Nyamagabe.
Le projet ”Jya Mbere” a construit 8 salles de classe et 16 toilettes. Avant 7 toilettes servaient 600 élèves.
Le projet leur a offert des citernes d’eau. Elles les aident surtout pendant la période pluviale. Le coût de l’eau devient réduit.
” Avec de bonnes infrastructures, les enfants réussissent mieux, les parents nous confient plus facilement leurs enfants,” indique le directeur Faustin Basigariye.

Prochainement plusieurs enfants réfugiés vont terminer leurs études dans cette école. 200 se trouvent en stage, selon le directeur Basigariye.
Les enfants réfugiés du camp de Kigeme sont bien intégrés à l’école Nyamagabe TSS. Marie Claire Kayiganwa est doyenne. Elle apprécie la construction de salles de classe supplémentaires par le projet ”Jya Mbere”.
” On plaçait un triplex dans une salle de classe pour la partager en deux. Il y avait beaucoup de bruits. Les conditions d’apprentissage n’étaient pas bonnes. Maintenant il y a de l’espace en classe. On a de l’eau en quantité suffisante. Il y a de l’hygiène,” exprime-t-elle sa satisfaction.

Avant les conditions d’apprentissage étaient difficiles. Mbabazi Clémence, une réfugiée congolaise étudiant en 5 eme électricité, révèle que le travail en atelier était souvent exclu car les locaux ne suffisaient pas.
Faut-il ajouter que l’effectif par classe était très élevé. Selon Irakize Emmanuel, enseignant en maçonnerie, par classe le nombre d’apprenants était compris entre 55 et 60. En mécanique la situation était identique. ”Avec les 8 nouvelles salles de classe, l’effectif est compris entre 40 et 43 élèves par classe. Cela nous a aidé pour améliorer la qualité de l’enseignement,” dit-il.
Mugombwa Technical Secondary School construite par ”Jya Mbere”
Dans la province du Sud, ”Jya mbere” a construit aussi une école technique dans le district de Gisagara, Mugombwa Technical Secondary School (TSS).

Selon le directeur de l’école, Mbaraga Fidèle, cet établissement scolaire a démarré en 2021 avec trois sections à savoir la mécanique, l’électricité et la couture. 100 % du matériel ont été fournis par le projet ”Jya Mbere”. Et chaque apprenant dispose de son matériel pour l’apprentissage. L’effectif est de 179 élèves dont 73% sont des réfugiés.
Il existe également dans cette école une formation de courte durée. Ici les nationaux sont plus nombreux. Ils constituent un taux de 83%, tandis que les réfugiés ne dépassent guère 17%.

Selon le secrétaire exécutif du district Nyamagabe, Alfred Ngarambe, les TVET présentent beaucoup d’avantages notamment au niveau de l’emploi.
” Un homme de métier peut passer une journée ventre creux, mais le soir il trouve de quoi mettre sous la dent,” dit Alfred Ngarambe citant un adage rwandais. (Umufundi arabwirirwa ariko ntaburara).
Selon Jeannette Uwimana, directrice ad interim de “Jya Mbere”, ce projet, spécialement dans son appui aux écoles techniques, cadre bien avec le programme national de création d’emplois et la promotion de l’initiative privée. Les compétences acquises permettront aux jeunes de survivre.
Par ailleurs, il a résolu le problème de promiscuité dans les écoles. C’était un défi à la fois pour les réfugiés et la communauté d’accueil.
Gérard Rugambwa




































































