Le génocide contre les Tutsi en 1994 reste une tragédie ayant marqué l’histoire du Rwanda et du monde entier. L’une des questions les plus brûlantes à l’époque fut l’intervention des Nations Unies.
La Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) représentait l’organisation onusienne. Le général Roméo Dallaire était à la tête de cette force de maintien de la paix. Alors que le génocide faisait rage et que l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), branche armée du Front Patriotique Rwandais (FPR-Inkotanyi), se rapprochait de Kigali, un ordre fut donné: ne pas avancer vers la capitale.
Le général Dallaire demanda au général major Paul Kagame de stopper sa progression pour ne pas perturber la mission en cours. Celui-ci, au péril de sa vie et de la sécurité de son pays, décida de poursuivre la lutte. Cette décision d’ignorer l’ordre de l’ONU a permis de mettre fin au génocide après 100 jours de violence intense.
L’histoire nous invite à imaginer un autre scénario. Que serait-il advenu si Kagame avait obéi aux ordres de l’ONU et s’était arrêté à Kabuga ? Quel aurait été l’avenir du Rwanda et des Tutsi? Une réflexion qui soulève une question: est-ce que l’histoire du Rwanda aurait pris une autre tournure si la sécurité du pays avait été sacrifiée pour une obéissance aveugle aux décisions internationales?
Aujourd’hui, une situation similaire se profile à l’horizon. Le Rwanda est confronté à une nouvelle menace sécuritaire dans la région des Grands Lacs, particulièrement avec les tensions actuelles en République Démocratique du Congo (RDC), où les récents affrontements entre les forces de Félix Tshisekedi et le groupe M23 ont exacerbé les conflits. Le Rwanda, comme en 1994, se trouve dans une dynamique où la sécurité nationale entre en conflit avec les pressions internationales.
Le 27 février 2025, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont révélé que le gouvernement de Félix Tshisekedi avait bombardé une foule de civils à Bukavu, alors qu’ils se rassemblaient pour écouter Cornelius Nanga, leader du M23. Un événement grave qui, malgré son ampleur, a été largement ignoré par la propagande occidentale, qui préfère étouffer ce genre de réalité.
Le rôle de Félix Tshisekedi, qui semble avoir sacrifié les ressources naturelles de son pays en échange du soutien des Etats-Unis, soulève également des inquiétudes. Ce soutien extérieur pourrait jouer un rôle crucial dans l’escalade des tensions, et certains estiment que cette aide pourrait être utilisée pour effacer le Rwanda et les Tutsi sur la carte de la région. Il est même question d’une aide de 2 milliards de dollars pour soutenir le gouvernement congolais dans son combat contre le Rwanda et le M23.
Face à cette situation, le Rwanda se trouve à nouveau à un carrefour: doit-il s’incliner devant la pression internationale et risquer de sacrifier sa sécurité pour éviter des sanctions ? Ou doit-il, au contraire, prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa population et son territoire, même au prix de sanctions économiques et diplomatiques?
La réponse à cette question est, sans doute, évidente. Dans un contexte de génocide, de violence et de menaces existentielles, la priorité doit être la survie. Comme l’a exprimé Paul Kagame dans son discours: ” L’aide donnée aux vivants est utilisée pour améliorer la vie de ces personnes, tandis que l’aide donnée aux morts après un génocide ne sert qu’à la construction de monuments en leur mémoire”. Il est essentiel de privilégier la sécurité, car sans elle, il n’y a pas de développement possible ni d’avenir pour les générations à venir.
Les Rwandais, qui ont vécu l’horreur du génocide en 1994, ne peuvent pas se permettre de compromettre leur sécurité nationale sous prétexte d’aide extérieure ou de pression internationale. Le pays a appris de ses erreurs du passé et ne doit plus être à la merci de décisions extérieures qui mettraient en péril la sécurité de sa population.
Fort de son expérience, le Rwanda choisira sans doute la voie de la survie, même au prix des sanctions. Parce qu’entre la mort et la vie, le choix ne peut être que celui de la vie.
Béatrice Mukamuligo




































































