Le retour de Donald Trump sur la scène politique américaine et internationale, tel un séisme, suscite des réactions ambivalentes. Pour certains, c’est le retour d’un héros aux manettes, c’est l’extase…un retour à une ère de promesses et de certitudes. Pour d’autres, une menace qui ébranle les fondations mêmes de la démocratie…, c’est une source d’angoisse, une résurgence d’une polarisation qui semblait, à un moment, s’atténuer…
Les pronostics des experts ont été mis à mal ! Ils se sont trompés, tous ! Alors que presque tous les instituts de sondage prédisaient une défaite face à Kamala Harris, une figure montante aux aspirations prometteuses, forte d’un parcours exemplaire et d’une ascension fulgurante.
C’est finalement l’ancien président, avec son passé tumultueux, qui a émergé victorieux. Malgré ses casseroles et ses déboires judiciaires, Trump a su séduire une partie de l’électorat. Mais qu’est-ce qui a poussé les électeurs américains à plébisciter la “bête” plutôt que la “belle” ?
Les raisons peuvent être multiples, et peut-être, inconnues…La réalité économique américaine actuelle est loin d’être reluisante. Les conséquences de la pandémie de Covid-19 ont assombri les efforts de Biden pour redresser l’économie, avec une inflation qui a grimpé de 20 à 30 %, érodant le pouvoir d’achat des citoyens.
Des sujets tels que l’avortement et l’immigration, bien que cruciaux, ont pris une tournure différente. Loin d’être le principal sujet de préoccupation, l’immigration a été éclipsée par des valeurs conservatrices, séduisant même des électeurs issus de l’immigration, notamment parmi les Latino-Américains et les populations afro-américaines et arabes.
Les conflits en Ukraine et en Palestine ont également fait irruption dans le débat électoral, et Trump, avec sa position claire, a su rassurer certains tout en effrayant d’autres. De son côté, Kamala Harris, malgré une campagne tardive, a réussi à obtenir un score respectable.
Une victoire sans appel
La victoire de Donald Trump est révélatrice d’un homme nouveau qui incarne un changement de paradigme.
Sa victoire éclatante face à Kamala Harris témoigne d’un changement profond dans le paysage politique. Cette victoire, nette et sans appel, ne se limite pas à un simple retour en force des républicains, mais constitue également une évolution significative des mentalités, même dans des comtés historiquement démocrates. La progression du vote républicain, jusque dans des bastions traditionnellement solidaires du Parti Démocrate, révèle une stratégie bien étudiée et une connexion renouvelée avec l’électorat.

Un moment marquant de cette nouvelle ère est la première nomination de Donald Trump à la tête de son cabinet ! Une femme, Susie Wiles ! A 65 ans, Wiles, qui a dirigé avec force et discrétion la campagne présidentielle de Trump, incarne un changement de paradigme.
Cette nomination, loin d’être anodine, envoie un message puissant : une nouvelle personne, avec une perspective fraîche et une expérience solide, détient les clés de la Maison Blanche. Wiles représente l’engagement de Trump envers la diversité et l’inclusion, tout en mettant en avant le fait qu’une voix féminine forte est essentielle dans la salle de décision.
Alors que Trump s’apprête à entrer dans son second mandat, il est clair qu’il ne s’agit plus simplement de revendiquer un héritage, mais de construire un avenir. L’homme qui a défié les conventions et les attentes est désormais un leader affiné, prêt à affronter les défis qui l’attendent. Avec une équipe renouvelée et une vision claire, il s’engage à restaurer la grandeur américaine tout en naviguant dans les eaux tumultueuses de la politique mondiale.
45 est différent de 47, l’ascension d’un leader transformé
Dans les grands livres d’histoire de la politique américaine et internationale, deux chiffres résonneront avec une intensité particulière : 45 et 47. Le contraste entre 45 et 47 n’est pas qu’une simple question de chiffres, mais une véritable métamorphose.
Le premier Donald Trump incarne une ère tonitruante marquée par des promesses audacieuses et des controverses incessantes. Ses discours enflammés et ses stratégies polarisantes ont captivé une nation fatiguée, mais aussi divisé profondément son peuple. A cette époque, il était un novice dans le monde politique, naviguant à travers les tempêtes avec une audace qui forçait l’admiration, mais aussi la critique.
Le second Donald Trump est un homme façonné par les aléas du pouvoir, une figure qui se dresse face à un pays à la croisée des chemins. Aujourd’hui, en 2024, le Trump qui émerge est le produit d’un cocktail d’expériences.
Les défis qu’il a affrontés, des crises économiques aux tensions géopolitiques, ont affûté son esprit et affermi sa détermination. Ce n’est plus seulement l’homme qui promettait un changement radical, c’est un leader qui a vu, qui a vécu, qui a appris, qui a écouté, et surtout qui a mûri. Rendu fort par les épreuves parsemées sur son chemin, le Trump de 2016 n’a rien à voir avec l’homme de 2024.
Au fil des ans, il a été formé et forgé par des défis inédits, et la question qui se pose désormais est : est-il devenu politiquement mature ? La réponse est sans équivoque, car le second Trump se révèle être l’homme qu’il faut pour guider un pays confronté à une crise économique palpable et à un contexte géopolitique mondial complexe. Face à des adversités sans précédent, Trump II montre une capacité à rassembler et à inspirer.
Il ne s’agit plus de slogans criards, mais d’une vision claire pour restaurer la grandeur américaine. Avec une économie en berne et une scène internationale en perpétuel mouvement, il propose des solutions réfléchies, ancrées dans son expérience passée. Ses partisans voient en lui un champion de la classe ouvrière, un défenseur des valeurs traditionnelles, tandis que ses détracteurs s’interrogent sur son approche toujours audacieuse.

Le contraste entre le Trump I et Trump II est frappant. L’homme qui a su défier les conventions, qui a risqué sa réputation pour faire entendre sa voix, est désormais un homme qui sait qu’il doit unir pour gagner. Dans un monde où la division semble être la norme, peut-être que le véritable héritage du 45e président sera sa capacité à transcender les différences et à rassembler un peuple fatigué par les luttes internes.
Dans cette saga moderne, 45 n’est pas juste différent de 47. C’est un chapitre d’une histoire en constante évolution, un témoignage vivant que la résilience et l’apprentissage peuvent transformer un leader et, par ricochet, une nation.
Ainsi, 45 n’est pas seulement différent de 47, c’est un symbole d’une transformation, d’une résilience face à l’adversité, et d’une détermination à bâtir un avenir meilleur. La légende de Donald Trump se réécrit, et l’histoire de son leadership ne fait que commencer. Ayant échappé de justesse à une tentative d’assassinat, il le sait très bien que les deux mandats sont très différents.
Cependant, sa réélection a également jeté un voile d’incertitude sur les partenariats mondiaux et les relations avec le reste du monde.
Une Europe en alerte
Pour l’Europe, le retour de Trump est une source d’angoisse. L’effroi s’est emparé des dirigeants européens. Le paysage politique mondial est en perpétuelle mutation, et le retour de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis soulève des interrogations majeures sur les relations transatlantiques. Alors que l’Europe fait face à des défis économiques, sociaux et géopolitiques, les implications du retour de Trump vont certainement pousser les européens à redéfinir les contours de cette alliance historique.
Les Européens s’attendent à des négociations commerciales difficiles, avec des droits de douane et des restrictions potentielles sur les importations. Sa rhétorique “America First” et son protectionnisme redouté inquiètent les partenaires traditionnels. Les politiques protectionnistes mises en place durant son mandat précédent ont déjà créé des frictions avec l’Europe.
Les menaces de hausses de taxes sur les importations sont à prendre au sérieux et font trembler l’économie européenne. Trump planifie de taxer les importations de 10%, 20%, voire plus pour certains produits en fonction de leurs provenances, une menace qu’il a déjà clairement énoncée, rendant les Européens nerveux. C’est sûr, Trump n’hésitera pas à annoncer des mesures strictes sur certains produits importés, marquant un retour à une Amérique autosuffisante, prête à se détourner des alliances historiques.

En réponse, les dirigeants européens, réunis à Bucarest, en Hongrie, explorent de nouveaux modèles pour l’avenir, face à cette Amérique qui aspire à l’autosuffisance. Les discussions entre Chefs d’Etat ont tourné autour de la nécessité de réinventer l’Europe, de trouver un nouvel équilibre face à un partenaire américain devenu imprévisible.
Emmanuel Macron, dans sa sagesse, interroge ses homologues sur la nature de leur identité collective. Emmanuel Macron a même évoqué, en utilisant une métaphore, un défi de positionnement stratégique entre ”herbivores, carnivores et omnivores”. Le président Macron appelle à une redéfinition des relations européennes, alors qu’un vent froid semble souffler sur le vieux continent.
Ainsi, le retour de Trump risque également d’entraîner une réévaluation des alliances traditionnelles. Les dirigeants européens pourraient devoir naviguer dans un paysage diplomatique complexe, où les Etats-Unis adoptent une approche plus unilatérale. Cela pourrait encourager une plus grande autonomie stratégique au sein de l’UE, renforçant ainsi des initiatives comme la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Les Européens se trouvent à la croisée des chemins, cherchant à réinventer leur position sur la scène internationale sans dépendre des Etats-Unis.
Le rôle de l’OTAN et le paysage géopolitique européen pourraient en subir des conséquences majeures avec les décisions de Trump. L’impact sur l’OTAN est inévitable. Trump pourrait sans aucun doute réduire les financements américains pour la guerre en Ukraine, laissant les Européens seuls à signer des chèques sans l’appui de l’oncle Sam.
Si l’OTAN a retrouvé de la vigueur grâce à cette guerre, que se passera-t-il si Trump, fidèle à ses promesses, débranche l’Institution de son soutien ? Ce qui est sûr est que le soutien financier à l’Ukraine est en suspens. Et l’OTAN, déjà fragilisé, pourrait être en danger de mort cérébrale, comme l’avait déjà avancé Trump lors de son premier mandat. En tout cas, si rien n’est fait, il ne faut pas compter sur Trump pour la survie de l’OTAN.
Donald Trump a déjà averti que la guerre en Ukraine doit prendre fin et dans l’immédiat. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky est sommé de réfléchir à un processus de sortie de crise, s’il le faut, dialoguer avec Poutine, sans poser de conditions.

Et l’Afrique ?
Pour l’Afrique, le retour de Trump va être, sans doute, un soulagement. Contrairement à d’autres régions, le continent aura l’opportunité de respirer. L’administration Trump, par le passé, a manifesté une méfiance envers l’Afrique. Conscient que le continent n’est pas sa priorité, Trump pourrait se contenter d’une gestion pragmatique des relations diplomatiques, sans s’impliquer davantage.
Les pays africains, loin d’être la cible de ses ambitions, devront naviguer dans un monde où ils ne seront pas les premiers à recevoir l’attention de l’administration américaine. Certainement Trump ne s’intéressera pas à jouer le gendarme, privilégiant plutôt des relations basées sur des intérêts spécifiques avec certaines chancelleries africaines. Bien que l’Afrique ne soit pas une priorité, elle pourrait respirer un peu mieux dans ce contexte. Dans ses discours de campagne, il n’a presque pas mentionné le continent africain dans sa nouvelle politique.
Si l’on se souvient du mandat de Trump I’on se rappelle de son engagement envers l’Afrique à travers des initiatives comme le programme Prosper Africa. Avec Tump II, les Africains pourraient espérer un retour à une politique qui favorise les investissements directs étrangers, stimulant ainsi la croissance économique et créant des emplois. Les entreprises américaines pourraient être encouragées à s’engager dans des partenariats avec des entreprises locales, ouvrant la voie à des innovations et à des transferts de compétences.
La période Trump I a également été marquée par une approche plus ferme envers la sécurité dans certaines régions d’Afrique. Les Africains pourraient espérer une coopération renforcée dans la lutte contre le terrorisme et d’autres menaces sécuritaires. Un soutien accru aux forces locales pourrait contribuer à stabiliser des zones en proie à des conflits, permettant ainsi un environnement propice au développement durable. Un engagement clair envers la démocratie pourrait renforcer les institutions et encourager des gouvernements transparents et responsables. Les Africains pourraient espérer une diplomatie renouvelée qui met l’accent sur des avantages mutuels, en sortant des stéréotypes et en abordant les défis avec une vision collaborative. La nécessité d’un dialogue ouvert et constructif est plus que jamais d’actualité.
Brièvement, le retour de Donald Trump marque un tournant décisif, non seulement pour les Etats-Unis, mais pour le monde entier. Son retour est un coup de tonnerre dans le ciel politique mondial. Les répercussions de cette “bombe” vont bien au-delà des frontières américaines et redéfinissent les relations internationales, plongeant le monde dans une incertitude palpable. Comme vient de le souligner Vladimir Poutine, lors de la rencontre à Sotchi (Sud-Ouest de la Russie) avec les hauts représentants des pays africains, l’ordre mondial tel que nous le connaissions pourrait être en train de s’effondrer.
L’avenir reste incertain, mais il est clair que les ramifications de ce retour résonneront bien au-delà des frontières américaines. Les enjeux sont énormes, et tous les regards sont désormais tournés vers cet homme qui, comme une bombe, pourrait changer la face du monde.
L’avenir reste à écrire, mais une chose est sûre : la légende du Trump II fait déjà sensation.
Les relations internationales, quant à elles, seront redéfinies. Comme l’a prédit Elon Musk, nous pourrions être à l’aube d’un ”Novus Ordo Seclorum”.
Andy Shima




































































