Le procès de Charles Onana, journaliste et écrivain camerounais, se poursuit devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Il est jugé pour contestation du génocide commis contre les Tutsi au Rwanda. A la 4eme journée du procès, il s’est agi toujours de l’audition des témoins.
Poursuivi avec son éditeur, Damien Serieyx, suite à une plainte déposée par des associations de défense des droits humains, Charles Onana est accusé de nier ou de minimiser de manière outrancière le génocide, pourtant reconnu par la France.
Une vingtaine de témoins, dont d’anciens officiers militaires français et rwandais, ont été cités par la défense, tandis que les parties civiles ont fait appel à une cinquantaine d’historiens et professeurs de droit.
Le procès est d’autant plus significatif qu’il n’existe pas encore de jurisprudence claire en France sur la négation du génocide rwandais.

Auteur du livre Rwanda, la vérité sur l’opération Turquoise (2019), Charles Onana y remet en cause la planification du génocide des Tutsi au Rwanda, qualifiant cette thèse de ” l’une des plus grandes escroqueries du XXe siècle”.
Il avance également l’idée d’un ”double génocide’’ impliquant à la fois les Tutsi et les Hutu.
Son livre de 2019 remet en question la planification du génocide rwandais, déclenchant une polémique internationale et soulevant des questions sur la liberté d’expression en matière historique.
” J’ai beaucoup travaillé sur la liberté d’expression et le négationnisme. Surtout dans le cas de la Shoah’’, explique Thomas Hochmann, témoin à charge dans le procès de Charles Onana. C’était lors de la dernière audience du procès intenté contre le politologue Charles Onana, avant la reprise du procès ce jeudi matin où il a été également invité à la barre.

C’est un professeur de droit public mais il a été amené aussi à connaître le cas du Rwanda. Thomas Hochmann a fait partie de la Commission Duclert. A partir de 2019, il a eu accès aux archives françaises pour évaluer le rôle de la France dans le génocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994.
Depuis le premier jour du procès, le prévenu Charles Onana se défend de ” nier le génocide des Tutsi’’.
C’est pourtant pour dix-neuf citations tirées de son ouvrage intitulé ” Rwanda, la vérité sur l’opération Turquoise : quand les archives parlent enfin’’, qu’il est aujourd’hui poursuivi pour négationnisme en même temps que son éditeur, Damien Serieyx. La parution de ce livre date de 2019.

A 60 ans, Charles Onana est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont plusieurs sont controversés.
En 2020, sa participation à un colloque sur la région des Grands Lacs, organisé dans l’enceinte du Sénat français, avait suscité un tollé.
L’audition des témoins doit se poursuivre jusqu’à vendredi.
Vital Ndayambaje




































































