La société Rwandaise de services de taxis Yego ébouriffe progressivement les plumes de l’écosystème des taxis numériques du Kenya, quatre mois seulement après son entrée sur le marché.
En plus des faibles commissions facturées aux chauffeurs depuis leur entrée sur le marché fin octobre, l’opérateur a signé la semaine dernière un accord avec les chauffeurs. Il pourrait les encourager à s’opposer aux principaux fournisseurs de covoiturage tels que Uber, Bolt et Little.
La clé d’un protocole d’accord signé entre Yego et quatre associations de chauffeurs de taxi numériques était un test de la tarification. C’est une question épineuse. Elle hante les rivaux de Yego depuis des années.
”Le défi que nous avons aujourd’hui est que chaque entreprise facture un prix arbitraire. Il peut être ou non calculé scientifiquement. Parfois l’on ne prend pas en compte tous les coûts effectués par les chauffeurs,” a déclaré le directeur général et fondateur de Yego, Karan Vir Singh.
”Notre point de vue est que pour apporter l’équité et la transparence dans l’ensemble de cette industrie, les tarifs doivent être calculés sur une base scientifique,” a-t-il suggéré.
L’on doit tenir compte de tous les coûts fixés et variables encourus par un conducteur. L’on doit également penser à un profit raisonnable pour lui permettre de nourrir sa famille et d’économiser pour son avenir.
Singh a indiqué qu’ils s’étaient mis d’accord avec des associations représentant environ 20.000 chauffeurs actifs à Nairobi et 50.000 conducteurs dans tout le pays pour obtenir des services de calcul des tarifs auprès d’une partie indépendante.
“Une partie indépendante est la mieux placée pour fixer des tarifs qui favoriseraient à la fois le conducteur et le client,” a-t-il affirmé.

Le président de la Digital Taxis Association, David Muteru, a révélé que les chauffeurs ont fait pression pour qu’un organisme indépendant calcule les tarifs dans le but de relever les défis auxquels beaucoup sont confrontés.
“Nous avons convenu d’approcher des auditeurs indépendants pour calculer les prix afin que les sociétés d’applications ne fixent pas les prix. Nous avons convenu d’approcher ‘l’Automobile Association of Kenya’ en tant que partie indépendante pour calculer les prix de manière scientifique, puis tout le monde s’y conformera, ” a déclaré Muteru.
Dans un mouvement décrivant la concession de Yego aux demandes des conducteurs, la société s’est également engagée à ne pas désactiver leurs comptes sans raisons suffisantes, ou à leur insu. Ce problème est souvent mentionné par les conducteurs Rwandais et Kenyans.
La société affirme qu’elle est en pourparlers avec trois créanciers. Ces derniers leur permettront d’accéder à un financement pour acheter des véhicules. Ce sera dans le cadre d’un accord qui la verra agir en tant qu’intermédiaire. Celui-ci se portera garant pour eux auprès des créanciers. Il collectera les remboursements quotidiennement au nom de ces derniers.
Les chauffeurs de taxi numériques sont depuis longtemps à couteaux tirés avec les sociétés de covoiturage. Ces dernières fournissent une plateforme les mettant en relation avec les clients principalement sur les commissions que les entreprises prennent.
Malgré une directive de l’Etat Kenyan selon laquelle ils facturent une commission maximale de 18%, les conducteurs se plaignent toujours que certains dépassent encore 20%.
L’entrée de Yego en octobre dernier avait provoqué une nouvelle perturbation dans l’industrie lorsque la société a annoncé qu’elle ne prendrait que 12 % de commission.
Michèle Iradukunda




































































