Nicolas Pompigne-Mognard, le Fondateur et Président de l’entreprise panafricaine APO Group, dans une interview exclusive avec le Canapé, se montre inquiet de l’influence de plus en plus importante des médias dits internationaux sur le continent africain.
Le Canapé: pouvez-vous tout d’abord brièvement nous parler de votre parcours professionnel?
Nicolas: En 2007 j’étais journaliste du média Gabon news. Il est toujours opérationnel à l’étranger et nous comptons célébrer notre 15 eme anniversaire bientôt. Aujourd’hui, notre société APO Group est une entreprise panafricaine qui est leader en ce qui concerne la distribution des communiqués de presse et la consultance en communication.
Le Canapé: Quel est le secret de la réussite de votre entreprise sur la scène internationale?
Nicolas: Ces services sont vraiment uniques. Nous sommes panafricains dans tout ce que nous faisons. Nous rendons les services aux entreprises multinationales et par exemple aujourd’hui c’est notre entreprise qui est chargée des relations publiques pour la ligue africaine de NBA, Jack Ma Foundation, Banque Africaine de Développement, Banque Islamique de Développement et d’autres.
Nous travaillons beaucoup avec le monde du sport comme le club français de l’Olympique de Marseille, et d’autres.
Le Canapé: Qu’est-ce qui vous a inspiré pour créer cette entreprise panafricaine?
Nicolas: Pour répondre à cette question je me rappelle de l’entretien que j’ai eu avec Donald Kaberuka, l’ancien président de la Banque Africaine de Développement (BAD). Dans mon échange avec lui récemment, je lui ai rappelé les mots qu’il m’a dits quand mon entreprise venait de passer seulement 6 mois. Il m’avait dit que ‘la dissemination de l’information sur l’économie africaine contribue énormément à la croissance économique du continent.’
Donc là j’ai compris que si la Chine, les Etats-Unis, l’Europe et d’autres coins du monde sont informés sur l’économie du continent, c’est une contribution énorme. Dans les 15 ans que nous venons de passer, nous avons sans doute contribuer à l’économie du continent à travers les services que nous offrons à nos clients.
Le Canapé: Les médias occidentaux présentent souvent une mauvaise image de l’Afrique. D’après vous, comment peut-on lutter contre cela?
Nicolas: Le monde professionnel de la relation publique et celui de la communication ont tous un rôle important à jouer. Les médias internationaux exposent toujours une image négative qui n’est pas vraie. Le contraire de ce que je vois moi-même quand je voyage dans plusieurs pays africains. C’est une longue histoire, mais le monde de la communication et média sur le continent avons la responsabilité de changer cette situation. Je suis vraiment déçu par la croissance de l’influence de soi-disant médias internationaux sur le continent. Ici on peut citer CNN, BBC, Aljazeera, TV5, France24 etc… Ils parlent de l’Afrique mais ne sont pas africains. On les appelle internationaux mais à vrai dire ils ne le sont pas. Ils sont par contre nationaux suivant leur situation géographique ou leur couverture… Ce n’est même pas cela le problème si je peux oser le dire. Si à Kigali dans Radisson Blu Hotel je peux seulement regarder les chaines de télévision comme CNN, BBC, Aljazeera et d’autres, et si je vais à New York, Paris, ou à Beijing quel est ce média panafricain que vous pouvez regarder dans votre chambre à l’hôtel?
L’Afrique reçoit plusieurs médias communément appelés internationaux avec les non-africains racontant les histoires africaines. En réalité, il n’y a pas de média africain avec une couverture internationale racontant nos propres histoires. Où pouvons-nous trouvez une chaine africaine à l’échelon international? C’est pourquoi nous sommes obligés de nous asseoir et écouter ces médias parlant de nous. J’ai peur que ça va se développer davantage. Par exemple au Nigéria la population commence à suivre les médias comme CNN plus que leur télévision nationale, c’est la même histoire en Ethiopie aussi car j’ai rencontré les propriétaires des medias me disant qu’ils sont en compétition avec les médias internationaux sur leur marché local, ça c’est vraiment une situation inquiétante, et d’un autre côté cela est dû au contenu de nos médias africains.
Propos recueillis par Florent Ndutiye




































































