Le Rwanda pourrait contourner prochainement le système Swift dans certains échanges transfrontaliers, en utilisant son système numérique de la banque centrale (CBDC), en collaboration avec certains de ses principaux partenaires commerciaux.
Au cours de l’année 2026, le Rwanda va lancer une série de tests de sa monnaie numérique (CBDC) en commençant par les employés des institutions financières et dans ses transactions internationales par après. L’objectif est de vérifier le coût et l’efficacité de ce système. La gouverneure de la Banque Nationale du Rwanda (BNR), Soraya Hakuziyaremye, l’a annoncé vers la fin de l’année 2025 devant le parlement rwandais.
Dans les transactions internationales, l’on doit normalement passer par le système Swift, qui est un système de messagerie. L’on est obligé de faire les paiements interbancaires avec le dollars, sinon l’Euro lorsqu’il s’agit d’un des pays membre de l’Union Européenne.
Avec ce système Swift occidental, les coûts de service sont élevés. De plus, les transferts d’argent prennent parfois plusieurs jours. Il y a également les taux d’échange élevés. Et pire encore, des sanctions économiques peuvent être pris en excluant ou en suspendant tel ou tel autre pays du système Swift. Ce qui n’est pas le cas avec le numérique.
Dans ses tests de la monnaie numérique de la banque centrale (CBDC), pour les transactions internationales, le Rwanda pourrait commencer par ses traditionnels partenaires commerciaux dont la Chine. Celle-ci a lancé le Yuan numérique (e-CNY) sous forme de tests en 2014. Elle a ensuite accéléré et intégré son usage fin 2025. L’objectif est de remplacer progressivement l’argent en espèces. Ce que vise également le Rwanda où la monnaie fiduciaire devrait rester dans les banques lorsque l’usage de CBDC sera généralisé favorisant l’inclusion financière.

Principaux partenaires commerciaux, premiers bénéficiaires
La République populaire de Chine est la troisième destination des produits d’exportation du Rwanda pour l’année 2024 avec une valeur de 108 millions de dollars. Par contre, ce pays de l’extrême-orient est le plus grand fournisseur du Rwanda. La valeur des importations du pays en provenance de la Chine a atteint 1,76 milliards de dollars en 2024.
La Chine ne pourrait ne pas être en ligne de mire dans l’usage de la monnaie numérique de la banque centrale du Rwanda (CBDC) dans les transactions internationales.
Il y a aussi les Emirats Arabes Unis, le principal importateur des produits rwandais. Les exportations du Rwanda vers les Emirats Arabes Unis ont atteint 1,5 milliard de dollars en 2024. A eux seuls, ils consomment 60% des produits rwandais exportés.
Ils se sont engagés aussi sur la voie du système numérique dans les transactions internationales. Ils développent activement le Dirham numérique, une monnaie numérique de la banque centrale (MNBC). Elle vise à moderniser les paiements, en offrant des transferts transfrontaliers instantanés et sécurisés. Le Dirham numérique, reconnu légalement depuis 2023, fait partie intégrante du système monétaire dans les Emirats Arabes Unis.
Le système Swift est sur la voie de perdre son monopole sur le marché financier international. Avec l’avénement du Système chinois de paiement international (CIPS-China International Payment System), les hommes d’affaires africains ne seront plus tenus exclusivement d’utiliser le dollars ou l’Euro dans leurs transactions commerciales internationales.
Le système chinois permet de faire des paiements en espèce en Yuan, ou en Yuan numérique. 53 pays africains sont prêts à adopter le système chinois, certains pour prévenir les sanctions économiques imposées parfois par les Occidentaux, comme le gel des avoirs.
Gérard Rugambwa




































































